Face à un événement difficile, le cerveau range habituellement le souvenir : il le classe, l'apaise, le relie à d'autres expériences. Mais lorsqu'un choc dépasse nos capacités du moment, ce traitement ne se fait pas. Le souvenir reste « à vif », avec ses images, ses sensations et ses émotions intactes.
Un souvenir qui ne passe pas
C'est ce qui explique qu'un bruit, une odeur ou une situation anodine puisse rouvrir brutalement le passé, comme si le temps n'avait pas fait son œuvre. Le souvenir n'a pas été retraité ; il continue de gouverner le présent.
L'EMDR ne efface pas le souvenir : elle lui rend sa juste place dans votre histoire.
Le rôle de la stimulation bilatérale
En séance, je vous invite à repenser au souvenir tout en suivant un mouvement régulier — des yeux, ou par de légères stimulations alternées gauche-droite. Cette double tâche semble relancer le mécanisme naturel de digestion de l'information, un peu comme le fait le sommeil paradoxal.
Peu à peu, la charge émotionnelle baisse. Le souvenir reste accessible, mais il cesse d'être envahissant : on peut y penser sans être submergé.
À quoi s'attendre
L'EMDR se déroule toujours dans un cadre sécurisant, avec des points de stabilisation. Vous restez pleinement conscient et acteur. Le nombre de séances dépend de votre histoire ; certains soulagements arrivent vite, d'autres demandent davantage de temps.